Publié le par Hélène R. dans les rubriques Amour, Dérivations existentielles, Poésie, Prose

Le cœur fermé ? Moi j’irai enfoncer mes mains dans ta chair pour le masser avec vigueur.

Tu finiras par me décevoir je le sais, pourtant je continue de t’attendre prête à absorber en mémoire le moindre de tes mots. Toi parfois tu te sens d’humeur à m’écrire un petit quelque chose, tu m’aimes dans la distance tu me l’as dit oui je sais, moi il m’arrive de passer des heures entières à contempler ta photographie dans le noir, et ça suffit pour occuper mon temps. Je n’espère même plus, je rêve, je n’attends que les miettes que tu me lances et je les range pour les grignoter seule en silence, ça m’empêche de dormir et c’est fou comme ça me rend triste. Je ne voulais même rien de spécial au départ, juste la continuité de ton attention, j’avais misé sur une entente, juste amicale, même dérisoire, mais je confonds les choses entre elles, j’oublie toutes mes leçons comme une mauvaise écolière, j’ai du mal à comprendre les réponses. Elle finira par te décevoir tu le sais, pourtant tu continues de l’attendre prêt à absorber en mémoire le moindre de ses mots. Elle parfois elle se sent d’humeur à t’écrire un petit quelque chose, elle t’aime dans la distance elle te l’a dit oui tu le sais, toi il t’arrive de passer des heures entières à contempler sa photographie dans le noir, et ça suffit pour occuper ton temps. Tu n’espères même plus, tu rêves, tu n’attends que les miettes qu’elle te lance et tu les ranges pour les grignoter seul en silence, ça t’empêche de dormir et c’est fou comme ça te rend triste. Tu ne voulais même rien de spécial au départ, juste la continuité de son attention, tu avais misé sur une entente, juste amicale, même dérisoire, mais tu confonds les choses entre elles, tu oublies toutes tes leçons, comme un mauvais écolier, tu as du mal à comprendre les réponses. À la poursuite d’un être qui ne nous ressemble pas, à qui on offre le pouvoir de nous sauver de notre propre agonie, un fantôme un fantasme, bien plus facile à aimer que le reflet dans le miroir et que ces autres qui nous ramènent à lui. On peut toucher la chair mais la transpercer quel enfer, d’avoir à s’entendre se décrire en des termes sincères, de se regarder dans les yeux et de se promettre un peu plus, ne serait-ce que quelques minutes quand on s’est déjà promis à soi-même qu’on n’irait plus les perdre. S’obstiner à reproduire le cycle, l’appel n’est que désespéré et l’assouvissement du désir relève du miracle, parce que c’est ce qu’on mérite un miracle après tout ce qu’on a subi, le cœur malmené comme un vieux jouet en plastique, on n’a plus rien à donner pour des broutilles, pour des histoires qui ne laissent pas déjà entrevoir la grandeur et l’exemple de notre réussite. Mais tous ceux-là mentent et tous ceux-là sont seuls et c’est pour ça qu’ils se rencontrent, tous à se croire au-dessus du panier et qu’ils seront sauvés avant les autres, mais laisse-moi te dire que si tu veux que cette personne te regarde c’est qu’en premier lieu tu ne sais pas te voir. Bien sûr que tu as du talent, la vie t’apprend que tu le veuilles ou non, ne gâche pas ton énergie dans de vaines admirations que tu regretteras sur le tard, ce que tu recherches c’est ta beauté dans son regard, mais ta beauté à toujours été là, bien tassée au-dessous de tous tes mensonges, alors il est temps d’y faire face. Et après quoi ? Vous aurez moins de chances de vous décevoir, si vous montrez d’emblée ce que vous cachiez volontiers derrière le maquillage, si vous avouez vos souhaits et si vous exprimez vos désaccords, vous ferez probablement moins d’escales, si la personne à vos côtés fait partie de votre voyage, chacun suivant sa propre étoile, sans envie il y a moins de tort. Il n’y aura pas qu’elle, il y aura je et nous, et même s’il n’y a qu’un je ça suffira, mieux vaut avancer seul et s’endormir la nuit sur des idées qui nous appartiennent, mieux vaut vivre libre, que de courir après une vie qui n’est pas la sienne pour se sentir dépossédé au final, de ce qu’on avait cru que serait pour nous le bonheur. Tu veux l’amour, mais l’amour est, il part de toi et s’étend alentours, pour le définir il faudrait l’attraper, mais l’amour naît dans le hasard de la naissance d’une relation confortable et se retire lorsque les barrières ont été érigées, il est seulement si tu l’acceptes et déguerpit dès que tu n’as plus la patience de le cultiver, il refuse d’être créé de toutes pièces, il n’existe que s’il n’est pas jugé, étouffé par des attentes, projeté dans un idéal fabriqué. Tu veux l’amour alors n’aies plus peur de t’aimer. Tu veux l’amour alors n’aies plus peur de donner sans savoir en retour si tu seras récompensé. L’amour naît de l’écoute et se retire dès qu’on en a fini de s’écouter et de se parler.

photo. Lilly Formaleoni